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Les temples de l'empire Khmer - Sovanapum

temples de Sovanapum

l'Empire Khmer, appelé en Inde Souvanaphoum

Le parc archéologique d'Angkor est la partie la plus visible d'un Iceberg constitué par plusieurs centaines de vestiges de temples - parfois, ce sont des villes entières - répartis sur la quasi totalité du Cambodge et de ses voisins : Thaïlande mais aussi laos.
L'ombre des tours d'Angkor Vat s'étend en effet sur la totalité du bassin du Mékong et de celui du Menam Chao Praya.

Les principaux monuments de Sovanapum

Muang sing

Muang Sing est un parc archéologique situé à 60 kilomètres au nord de Kantchanaburi, au pied des monts Tenasserim, la chaîne de montagnes formant frontière naturelle entre la Thailande et la Birmanie, sur la route très ancienne et très stratégique du Col des trois pagodes, c’est-à-dire du passage historique entre deux systèmes de royaumes Mons d’autrefois : Pegu - Thaton côté Inde en Birmanie et Dvaravati côté Austronésie au Siam.
Cette route reliait par voie terrestre Angkor à la côte de l’Océan indien et proposait ainsi une alternative intéressante au commerce par voie maritime passant par les détroits indonésiens. Muang Sing était donc une ville importante d’où cet effort particulier accompli sous l’époque de Jayavarman VII (13e siècle) pour l’aménager .

Muang Sin se présente actuellement comme un aménagement urbain angkorien classique, c’est à dire sous la forme d’une ville carrée ceinte d’une muraille et entourée d’une douve, dans laquelle on peut admirer plusieurs vestiges de monuments d’un style mon-khmer très simple et très classique, construits selon une façon typique de cette région et de cette époque : des blocs de latérite empilés qui toutefois ne comportent pas de trace de stuc ce qui pourrait indiquer que ces sanctuaires ne furent pas ou très partiellement achevés.
On ne peut pas dire que les ruines de Muang Sing constituent un site archéologique de tout premier choix, mais le parc est très propre, calme, ombragé et bien aménagé et l’importance de ce site, correspondant à une apogée territoriale vers l’ouest de l’empire khmer rendent finalement l’excursion très intéressante d’autant plus que la région de Kantchanaburi est absolument magnifique et que la Pont de la Rivière Kwai, cette « grande attraction locale » est absolument nullissime et insuffisante à rassasier le touriste amateur de « choses à voir ».

Sukhothai

Sukhothay est un grand (et magnifique) Parc archéologique, garni de nombreux monuments, et qui possède aujourd’hui dans le cœur des Thaïlandais une place comparable à celle d’Angkor dans le coeur des Cambodgiens : un point de départ historique et géographique de leur civilisation.
Il faut dire que l’endroit constitue un symbole national thaï particulièrement fort, … Même si Sukhothay est resté pour finir peu de temps capitale du Siam, sa fondation par les premier princes de la lignée du grand Ramakhaèng marque le début du processus de déplacement du commandement impérial Mohanokorien vers l’ouest et sous l’autorité de princes Thaïs.
Mais Sukhothay n’a en fait pas été fondée par les Thaïs. Au mord du parc archéologique principal correspondant à la capitale de Ramakhaèng se trouve une autre ville carrée plus petite qui était la ville Mon Khmère prise au pouvoir khmer Angkorien par les Thaïs en l’an 1238 , et située sur une route reliant Pimay et Angkor à Bagan (capitale antique birmane)
Dans ce périmètre se trouvent plusieurs monuments intéressants parmi lesquels un temple Mon-Khmer :
Wat Prah Pai Luang - Khmer par le style de sa décoration et de ses volumes, Mon par sa technique de construction en latérite recouverte de stuc, un stuc d’une qualité particulièrement exceptionnelle et apparemment supérieure à ce que l’on savait faire à Angkor, puisque encore bien visible sur de larges surfaces et présentant des bas reliefs d’une très belle facture.
Sukhothay la Ville archéologique se trouve à une dizaine de kilomètres de Sukhothay la Ville Moderne, elle-même située à une cinquantaine de kilomètres de Phitsanulok, la quatrième ville de Thailande qui était elle-même une capitale Mon-khmère d’importance, Phitsanu Lauk signifiant le Paradis de Vishnu et étant homonyme du nom angkorien antique du temple / de la ville d’Angkor Vat.

Lopburi

Lopburi est aujourd’hui une grande ville possédant une histoire particulièrement chargée.
Elle fut d'abord une capitale ducale, peut être même royale, Mon, puis Mon-khmère, puis siamoise, puis annexe d’Ayuthaya, capitale impériale siamoise à l’époque du grand règne de (Chaw Phra) Naray qui étonna ses congénères européens à commencer par Louis XIV de France dit le Grand avec lequel il échangea des ambassades, vers la fin du 18e siècle.
Lopburi est aujourd’hui bien garnie en monuments angkoriens parmi lesquels deux ensembles particulièrement intéressants : Phra Prangk Sam Yod et le parc du Wat Prah Sry Ratanak Mohathat.
Phra Prangk Sam Yod, le Monuments à Trois Tours Sanctuaires, est situé sur une butte à proximité de la gare. Comme son nom l’Indique, il est composé de trois tours reliées par des vestibules.
Le style de l’ensemble serait Mon Khmer, entendons par là « Khmer » par la texture de sa décoration et la forme de ses volumes, et « Mon » par sa technique de construction en latérite recouverte de stuc. Le temple à subi plusieurs transformations, principalement un vestibule siamois tardif en briques de forme assez grossière au centre de sa façade ouest.

L’ensemble demeure d’une grande élégance mais la visite est un peu gâchée par la proximité du tissus urbain dense et moderne – à peu près ce qui se fait de pire en matière d’architecture triviale du vingtième siècle, d’une part…
D’autre part, par la présence surabondante et peu rassurante de macaques, particulièrement malins et entreprenants, voire chapardeurs qui peuplent – pardon qui infestent – non seulement ce temple mais aussi toute la ville de Lopburi où ils sont non seulement protégés mais aussi vénérés et donc abondamment nourris.
L’autre spot architectural de Lopburi est le parc du Wat Prah Sry Ratanak Mohathat situé un peu plus en retrait au centre-sud du niveau de la gare.
Il s’agit d’une petite ville monastère antique présentant une dizaine de grands temples, certains en très bon état car relativement récents et d’autant plus remarquables car présentant comme une collection de chaînons architecturaux menant du style khmer angkorien au style siamois mohanokorien tel que l’on peut l’admirer à Ayuthaya sur de nombreux sites, ou encore à Bangkok à son apogée par exemple au Temple de l’Aurore – le Wat Arun.

Phimai

Phimai est une petite ville, particulièrement jolie et agréable à vivre d’ailleurs, située à une soixantaine de kilomètres au nord ouest de Nakhon Ratjassima (Korat) troisième ville de Thaïlande.
Le Centre de la ville moderne est occupé par un grand parc archéologique contenant le Temple de Phimai, noyau central de l’ancienne ville médiévale.

Le Temple est d'abord entouré par une grande enceinte rectangulaire comprenant au milieu de chacun de ses côtés des Gopuras (pavillons d’entrée). Ces derniers sont en mauvais état ce qui est regrettable car toutes les pierres sont là et même en ruines, ils demeurent d’une grande élégance et un sérieux programme de restauration de ces bâtiments serait donc le bienvenu…

Mais cet état des gopuras latéraux est la seule faute d’aménagement du Parc Archéologique qui est par ailleurs d’une très grande beauté et qui présente un plan très classique de Banteay Angkorienne à trois enceintes principales…
De nombreux indices quant au style et à la facture des bâtiments démontrent que les travaux de construction de l’ensemble constituant la ville- temple se sont échelonnés sur plusieurs périodes couvrant au moins une fourchette de 4 siècles (10e - 13e)
Et que ces travaux ne sont pas le fait d’une autorité artistique / politique / religieuse purement khmère.

La grande attraction du Parc Archéologique est constituée par le sanctuaire central – une tour à vestibules parmi lesquels - du côté de l’entrée principale un grand pavillon (Mandapa)… Son style architectural est celui de merveilles angkoriennes majeures contemporaine à Angkor Vat comme Banteay Samrê, mais l’ornementation – inachevée de peu – est antérieure et date le monument comme construit durant la fin du 11e siècle.
Ce sanctuaire, paré de grés blanc, est dans un état exceptionnel, car restauré pendant les années soixante dix par Bernard Groslier, un archéologue français de grande envergure qui dirigeait le programme archéologique d’aménagement et de restauration d’Angkor jusqu’à ce qu’il se retrouve « désoeuvré » suite à la fermeture d’Angkor pendant les années noires (ou rouges) du Cambodge.

L’autre attraction de Phimai est le musée archéologique contenant des pierres de temples khmers superbes et nombreuses… Mais on ressort de cette visite avec beaucoup d’interrogations quand à l’origine officiellement inconnue de la majeure partie des objets exposés.

Muang tam

Muang Tam est un ensemble de monuments du XIe siècle vestiges de la ville basse s’étalant au pied du Phnom Rung.
Il s’agit principalement d’un grand Banteay – un périmètre fortifié de douves et de murailles - contenant en sa partie centrale un sanctuaire à cinq tours, mais celle du centre est effondrée.
Le sanctuaire est ceint d’une seconde enceinte avec fenêtres à balustres…

Ce sanctuaire rappelle par son agencement celui de Banteay Srey, dans la région d’Angkor, mais la facture de la construction de Muang Tam n’a rien à voir avec celle du  « bijou de l’art khmer », premier monument à avoir développé, comme ce n’est pas le cas à Muang Tam mais comme c’est le cas à Phnom Rung, sa tour centrale par l’ajout d’un Mandala (vestibule).

Dans les environs de la ville se trouve un baray (grand bassin artificiel d’irrigation) toujours en fonctionnement.
phanom rung
La Région de Prakhon Chay, au sud de Buriram contient une concentration de parcs archéologiques, vestiges d’une grande et belle cité khmère, qui était étape majeure de la Voie Royale, le nom courant donné à un grand axe antique reliant Angkor à Phimai, et de là Sukhotay, puis Pagan.
Cette région contient des monuments en grand nombre parmi lesquels deux ensembles se détachent nettement : Phnom Rung, et sa cité basse : Muang Tam

Phnom Rung

Phnom Rung, est probablement le site archéologique médiéval le plus étonnant de la Thaïlande.
Il se présente sous la forme d’une majestueuse colline comprenant sur son flanc ouest un escalier monumental dont la taille et le design en font un objet architectural angkorien unique et inédit à Angkor (sauf peut être dans état très ancien du Phnom Bakheng aujourd’hui invisible)

L’Escalier mène à un sanctuaire emmuré dont le design - une tour à vestibules parmi lesquels - du côté de l’entrée principale un grand pavillon (Mandapa) – rappelle Phimai. Le site comporte différentes couches de style architecturaux :
- Le plus ancien est celui des deux tours de briques (Xe siècle)
- Le style de Prasat Noy construit dans un style proche de celui du Baphuon (XIe siècle)
- Celui des autres bâtiments notamment la tour principale (XIIe siècle) plus ou mois contemporain de Angkor Vat.
La restauration du Sanctuaire central, mené par le Gouvernement Thaïlandais avec assistance technique française, est une parfaite réussite, même si certains scientifiques grincheux ne manquent pas de faire remarquer que certaines pierres (que nous ne citeront pas) sont trop belles pour être authentiques, oubliant ainsi que tout grand monument religieux, construit théoriquement pour « l’éternité, est généralement une somme d’édifications, réparations, de transformation certaines pouvant parfois même être des améliorations.

Surin

La région de Surin, dernière région khmérophone de Thaïlande est bien garnie de monuments de la période khmère- angkorienne.
Elle est située au nord du Cambodge, le long (ouest – est) de la vallée de la rivière Sé Moun qui était autrefois un axe de circulation important reliant Voat Phou sur son embouchure avec le Mékong, à la vallée de la Ménam son point navigable le plus haut étant à quelques dizaines de kilomètres du site de Si Thep situé sur un bras de la Chaw Praya… Elle fut le berceau d’une civilisation plus ancienne que Angkor, peut-être le Zenla lui-même évoqué brièvement et vaguement dans les annales chinoises, ou alors une civilisation Mon-Khmère très ancienne et qui passée par la suite et pour plusieurs siècle sous la suzeraineté de l’Empire Khmer ne fera plus beaucoup parler d’elle.
Les sites à visiter dans la région de Surin sont nombreux… Mais tous ne sont pas spectaculaires ou en bon état… Ils connaissent des destinées diverses : parfois, ils constituent le noyau architectural / spirituel de monastères contemporains… Parfois on les rencontre au milieu de la campagne où ils sont – comme au Cambodge – devenus lieux de cultes souvent non bouddhiques… Parfois, ils trônent au milieu d’un parc archéologique, plus ou moins grand, plus ou moins fréquenté, plus ou moins facile à trouver
La datation de ces monuments se situe généralement selon une fourchette du 9e siècle au 13e siècle AC.
Prasat Sikhorapum est finalement le site le plus intéressant de la région.
Il s`agit d’un beau parc archéologique contenu dans une douve en forme de U… Les bâtiments sont construits en briques stuquées selon une facture classique Mon-khmère et datent du 12e siècle.
La question passionnante que pose ce temple est celle de l’identité de son auteur… Il reprend un style Angkorien des temples montagnes à cinq tours, fondations royales dédiées au Dieu (Siva) Roi (son représentant, l’Empereur d’Angkor) le Devaraja. Mais aucune information ne cite ce temple comme fondation royale angkorienne, et du coup, se profile l’hypothèse d’un Roi constructeur inconnu, vassal turbulent de Angkor, et osant se proclamer Devaraja par la volonté de Siva à une époque où la religion d’Etat de l’Empire Khmer vire vers le Vishnouisme, puis vers le bouddhisme.

Voat Phou

L’axe historique de la Vallée de la Semoun, - Phimay, Korat, Buriram, Surin - se termine au Laos, là où cette rivière atteint le Mékong.
Au sud de la petite et agréable cité de Champassak se trouve un site archéologique angkorien, Wat Phou, particulièrement ancien (6e siècle), et dont l’importance historique angkorienne n’est dépassée que par Angkor même.
A propos de la civilisation à l’origine de ce site, se confrontent plusieurs opinions.
Certains pensent que la ville dont Wat Phou est le centre serait le point de départ de la civilisation angkorienne selon trois axes : Mékong-nord vers le Laos, Mékong-sud vers le Cambodge, et Semoun Ouest vers le Siam
Certains autres prétendent que la civilisation de Wat Phou viendrait du Mékong Nord et que ce serait un premier effet d’une poussée Thai vers le sud.
D’autres encore affirment que la civilisation de Wat Phou est celle d’un très ancien royaume Mon-Khmer qui s’est propagé dans la vallée de la Semoun depuis le site de Sy Thep et qui a atteint une première apogée à Wat Phou, avant de descendre au Cambodge et toujours en se propageant principalement par les cours d’eau est arrivée auTonlé Sap pour donner naissance à la civilisation Angkorienne dont elle recevra par la suite l’influence en retour.
Un jour des « Brahmanes » passent par ce coin du Mékong et découvrent une haute montagne dont le sommet est en forme de Linga… Impressionnés par le symbole, ils décident d’y construire un sanctuaire, articulé autour du jaillissement d’une source constituée de l'eau magique de cette montagne sacrée…
Une ville importante, ne tardera pas et se développer et connaîtra une longue histoire de au moins 10 siècles jusqu’ au déclin d’Angkor.
Wat Phou se présente sous la forme d’un grande esplanade, qui démarre par un Baray (grand bassin artificiel d’irrigation) et grimpe vers le pied de la montagne selon une progression qui rappelle, avec ses gopura, ses palais et son sanctuaire au bout de l’ascension, Preah Vihear – qui est presque voisin et relié à Wat Phou par une voie antique bordée elle aussi de nombreux vestiges angkoriens, mais d’accès plus difficile.

Luang Prabang

Preah Vihear