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Préhistoire du Sud-Est asiatique

Géologique

Glaciation(s) de Wum

Première glaciation : -70000 à -50000 BC

Au début de l'ère du paléolithique supérieur (environ 70 000 BC), la glaciation de Wum provoque un abaissement (100 à 150 m) du niveau des océans. avec apparition de deux supers sous-continents : 1/ Sahul, réunion de l'actuel continent  australien avec la nouvelle guinée au nord, et la tasmanie au sud. 2/ Sunda, réunion des deux sous-continents péninsule indochinoise et archipel indonésien comportant plusieurs caractéristiques remarquables : - sa superficie, presque le double de celles des actuelles terres émergées. - ses deux golfes, l'un petit, tourné vers l'inde, formé par les côtes birmanes et andaman-nicobar et l'autre immense, sur l'actuelle mer de chine meridionale et constituant une réunion de la côte de chine du sud (englobant formose) avec celles des actuels vietnam, cambodge, thailande malaisie (incluant borneo) et philippines.

Deuxième glaciation : -30000 à -10000 BC

Dans nulle autre partie du monde les glaciations de Wum - la deuxième ayant eu lieu de -30 000 à - 20 000 BC (fin du paléolithique supérieur) -  n'ont eu un impact géograpique aussi considérable que dans les sud est asiatique.
Sahul et Sunda sont séparées par un grand isthme avec de nombreuses iles et archipels. (célèbes - sulawi, molluques,  ...) dans une zone particulièrement sensible sur les plans sismique et volcanique.

Végétation

Génétique

ADN-Y de Sapiens : itinéraire simplifié

Paléolithique supérieur

La génétique - analyses massives d' ADN-Y et traitement statistique - fournit des informations capitales et précises (mais en évolution très rapide en fonction de l'avancée fulgurante des recherches dans ce domaine) concernant les premieres migrations de Sapiens, c'est à dire Nous les humains. Trois flux principaux vont constituer les bases génétiques des peuples du sud est asiatique. L'un d'entre eux est particulièrement ancien : il sera à l'origine de la souche humaine des aborigènes d'australie. Un quatrième flux plus récent et qui  sera à l'origine de la souche chinoise aura aussi un impact considérable sur le patrimoine génétique des habitants de cette région, mais à partir d'une époque plus récente. Les flux migratoires rapportés par les analyses de l'ADN-Y sont modestes - car la population mondiale de cette ère (paléolithique supérieur) est estimée à moins de dix millions d'humains - mais implacables - à la fin du paléolithique (-10 000 BC), Sapiens, le chasseur-cueilleur-pêcheur itinérant a déja conquis le monde entier...

Archéologique

Sites archéologiques en Asie du sud-est

Sapiens est arrivé relativement récemment dans la région : au paléolithique supérieur soit environ 50 000 ans BC...
Il maîtrise le feu, inhume et honore ses défunts, fabrique des outils lithiques de manière encore plus (Indonésie) ou moins (Indochine) habile.
Il est encore chasseur-cueilleur- pêcheur et vit surtout dans des cavernes en montagne. Il semble occuper tout le sous-continent Sunda dès - 40 000 BC qui constitue un vaste territoire au climat particulièrement hospitalier en ces temps de glaciation.

A partir du néolithique, - 10 000 ans BC, il devient aussi progressivement agriculteur et éleveur et son industrie commence à se raffiner et se diversifier.
Il est devenu un marin-navigateur accompli car siècles après siècles, les rivages de son environnement se sont éloignés sans qu'il ne s'en rende compte.
Cette contraction de Sunda devenant la péninsule indochinoise et l'archipel indonésien a probablement provoqué un formidable brassage ethnique, voire déja linguistique car Sapiens commence à articuler des sons de manière cohérente mettant lentement au point les premières grandes protos familles linguistiques.

A noter que Sapiens cohabite avec un de ses cousins - l'Homme de Florès jusqu'à une date avancée de l'ordre de - 10 000 BC soit une date plus récente (?) que la disparition de son autre cousin plus célèbre : Néanderthal.

A l'âge des métaux, Sapiens maîtrise parfaitement l'agriculture, le travail du bois et du métal, la céramique, etc...
Les langues se diversifient en se sophistiquant et forment déja deux groupes principaux : austroasiatique en Péninsule et austronésien dans l'Archipel.

Linguistique

Propagation des langues austronésiennes

La formation des différentes langues du sous-groupe austronésien est sujette à de nombreuses controverses entre différentes écoles de recherche en linguistique... Mais tout le monde est d'accord pour situer le point de départ de ce déploiement à Formose, et ses dernières ramifications d'une part, sur l'immense territoire des îles océaniennes incluant la Nouvelle Zélande, d'autre part sur le sous-continent malgache (!) ce qui malmène l'image historique traditionnelle présentant un primitif du sud est asiatique attendant sur son littoral que les indiens daignent enfin arriver pour le civiliser.

À cette époque la population du Monde est de l'ordre de quelques dizaines de millions d'individus soit 100 fois moindre que la population actuelle mais dix fois plus que la population du début du néolithique

Territoires des langues austroasiatiques

Sur cette carte, l'exercice de la cinématique de propagation du groupe linguistique austroasiatique n'a pas (encore) été tenté.
Disons que son origine serait est-hymalayenne et qu'il y a eu deux axes de dispersion : l'un vers l'ouest vers une partie considérable de l'Inde du nord avec le sous-groupe Munda, l'autre vers l'ouest sur la totalité de la péninsule indochinoise avec le super-sous-groupe Mon-Khmer.
À noter la relative diversité observable des sous-familles mon-khmères dans le territoire de l'actuel Cambodge, et leur relative non-diversité dans l'actuelle Thaïlande, phénomène pouvant difficilement s'expliquer autrement que par les effets du phénomène de siamisation (14e siècle AC) de cette dernière région.